Ven, 2006-10-20 17:36

Lors de la conférence d'aujourd'hui, plusieurs ont insisté sur le rôle important des québécois dans les politiques culturelles et de télécommunications au Canada. C'est Sheila Copps qui la première a ouvert le bal en notant la quasi-absence d'intervenants québécois francophones lors de cette conférence, mentionnant également la sensibilité des québécois vis-à-vis des politiques culturelles. Marc Raboy a ensuite mentionné dans l'après-midi que les québécois avaient joué un rôle décisif dans la mise en place des grandes institutions comme Radio-Canada, le CRTC, etc. Plus tard, c'est Russel McOrmond de flora.ca qui m'indiquait qu'un texte présenté en français à un député serait pris plus au sérieux qu'un texte en anglais.

J'ai toujours un peu de malaise pour ces activités organisées et soutenues par le milieu anglophone. Lors du lancement de HAL par le groupe Île sans fil, qui se tenait à Montréal, j'ai été un peu ébranlé d'entendre un intervenant francophone s'expimer en anglais et une autre demander la permission de s'exprimer en français. De même, malgré mon habilité à communiquer en anglais, je trouve en effet triste de ne pas pouvoir m'exprimer dans ma propre langue lors de ces événements qui se veulent "canadiens".

Dans un article que mes amis Ian et Danic ont publié l'année dernière dans Le Devoir, ceux-ci affirment que l'un "des plus grands dangers que recèle un engagement militant qui néglige la question nationale (...) pour aussi justifié soit-elle, a pour effet indirect de conforter le projet centralisateur et uniformisant du fédéralisme canadien". Mon malaise, je dois l'avouer, est celui d'avoir le sentiment de "faire le jeu fédéraliste". Avec tout le respect que j'ai pour ces initiatives, j'ai parfois l'impression d'être innondé dans une marre de symboles canadiens avec lesquels je ne m'identifie pas toujours. Il me semble que le caractère distinct du Québec ou, du moins, l'étude de ces rapports ambigues qu'entretiennent les francophones et les anglophones, devrait constituer un axe tranversal de ces recherches. Une mise en contexte nécessaire quoi...

Force est de constater que les politiques de télécommunications et les politiques culturelles sont pour le moment décidées au niveau fédéral, pas au niveau provincial. Par exemple, ça ne sert absolument à rien, pour FACIL, de discuter du droit d'auteur ou de la proprité intellectuelle si aucune alliance n'est faite avec des organisations semblables ailleurs au Canada. Mais comment sortir de cet isolement, en m'exprimant dans ma langue et ma culture?

Je ne suis pas de ceux qui considèrent que ces questions identitaires doivent être mises au devant de la scène à tout moment, mais elles m'habitent, dans toute leur ambiguité.

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